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Respirer sain

Par Ann-Charlotte Taudière

Une bonne ventilation est nécessaire pour une atmosphère agréable et un air de bonne qualitéNous passons 80 % de notre temps à la maison ! Il est donc primordial qu’il y règne une atmosphère saine et calme, notre santé et celle de nos proches en dépend.

Dans nos logements de plus en plus isolés thermiquement, l’humidité et les polluants se concentrent, dégradent le bâti et nuisent à notre santé. Un remède à cela : une bonne ventilation.

Enfin, les nuisances sonores, en ville ou près d’activités bruyantes, nous rendent la vie difficile : limitons leur impact et n’en produisons pas nous-mêmes !

Allergies et affections pulmonaires, des pathologies en hausse

Au cours des trente dernières années en France, le nombre des cas d’asthme a été multiplié par quatre, celui des allergies par sept. Les pathologies respiratoires causent 40 000 décès par an et sont ainsi la quatrième cause de mortalité dans notre pays.
Les causes de ces affections sont multiples. Cependant, la qualité médiocre, sinon mauvaise, de l’air que nous respirons dans nos logements semble porter une lourde responsabilité dans ce constat.

La priorité : un air de qualité

L’air de la maison : un cocktail parfois détonnant

Avpoir un ioniseur dans la maison pour avoir un air de qualitéPour être parfaitement sain, l’air de notre maison devrait être ni trop sec, ni surtout trop humide, dépourvu ou presque de polluants chimiques, de biocontaminants ou de poussières. On constate au contraire une accumulation de produits nocifs et d’humidité dans l’air que nous respirons.
Leurs sources ? Elles sont multiples : nos activités, les matériaux de construction, les produits d’entretien et de décoration, le mobilier, les appareils de chauffage, nos animaux familiers, l’environnement extérieur… Les conséquences de leur présence ? Elles peuvent être graves et sont toujours gênantes : dégradation du bâti, inconfort, pathologies diverses, intoxications… Ces nuisances touchent plus gravement les personnes fragiles (petits enfants, personnes âgées, malades) qui passent la quasi-totalité de leur temps à la maison.

Aération, ventilation, précautions : de quoi améliorer l’air intérieur

Renouveler l’air de la maison permet d’apporter l’oxygène nécessaire tout en éliminant polluants et particules : c’est une nécessité. Mais il faut également limiter les déperditions de chaleur qui accompagnent le renouvellement d’air. La solution : trouver le juste équilibre entre une isolation performante et une ventilation efficace.
Attention ! Des appareils de chauffage d’appoint mal entretenus ou mal réglés, des conduits d’évacuation mal ramonés peuvent être à l’origine d’intoxications graves, voire mortelles, par le monoxyde de carbone.

Savoir aérer et laisser ventiler

On peut assurer une bonne ventilation sans gaspiller trop de chaleur en ouvrant les fenêtres, radiateurs fermés, pendant dix minutes par jour.
Pour que la ventilation d’une maison se fasse bien, il ne faut jamais boucher les grilles hautes et basses d’aération.

Bricolage : pratique à risque

Les produits utilisés sont souvent nocifs et certains travaux produisent des poussières. Aérez soigneusement pendant et après les travaux et portez un masque protecteur.

Éviter de fumer dans la maison

Le tabac est la première source de pollution dans l’habitat et favorise, chez le fumeur et son entourage, les maladies cardio-vasculaires et respiratoires. Il vaut mieux ne pas fumer à la maison, surtout s’il y a des enfants, et aérer d’avantage si on le fait.

Attention ! Monoxyde de carbone

N’utilisez pas les chauffages d’appoint au pétrole ou au gaz en continu, ni pour chauffer une chambre ou une pièce mal ventilée.

Entretenir le système de ventilation

Pour qu’elle fonctionne bien, il faut nettoyer régulièrement les bouches d’extraction, les filtres et les entrées d’air. Un spécialiste assurera l’entretien complet de la VMC (ventilation mécanique contrôlée) tous les trois ans environ.

Penser au ramonage

Il est obligatoire tous les ans et garantit le bon fonctionnement des appareils de chauffage et votre sécurité.

Employer les matériaux et les produits les moins nocifs possibles

Privilégiez ceux qui portent l’écolabel officiel européen ou la marque « NF Environnement ».

Installer une VMC

Lors d’une rénovation importante, pensez à envisager l’installation d’une VMC si votre maison n’est pas équipée. Selon la configuration de votre logement, vous trouverez différents modèles, dans une gamme de prix et de performances étendues.

Et quand les polluants viennent de dehors ?

La ventilation avec de l’air frais venu de l’extérieur est indispensable pour notre bien-être, notre santé et celle de nos habitations. Quelques situations peuvent malgré tout nous poser problème :

Pic de pollution : que faire ?
Aérer comme d’habitude, mais laisser la voiture au garage ou, si l’on s’en sert, respecter les limitations de vitesse et de circulation. En revanche, en cas d’accident industriel entraînant une alerte grave à la pollution (c’est heureusement rarissime), il faut calfeutrer la maison et éteindre la VMC.

Radon : quels remèdes ?
Dans certaines régions au sous-sol granitique ou volcanique, ce gaz radioactif peut s’accumuler dans les maisons. Pour lutter contre ce phénomène, il faut aérer et ventiler les maisons (surtout les sous-sols et vides sanitaires), et améliorer l’étanchéité des planchers et des murs.

Les polluants : ils ne sont pas que dans l’air

Quantité de produits utilisés pour la maison ou le jardin sont irritants, corrosifs, toxiques, inflammables… Il n’est pas toujours possible de s’en passer totalement.
Il est important, pour notre santé et notre sécurité, de les utiliser et de les stocker avec soin, avant de les éliminer avec les précautions nécessaires.

Pour l’entretien de la maison : une panoplie de sorcière

Les produits chimiques de synthèse que l’on emploie pour nettoyer, parfumer, assainir la maison ne sont pas tous inoffensifs, loin de là. Être vigilant sur leur composition et ne pas s’en servir à tort et à travers sont deux conditions indispensables pour respecter notre environnement et notre santé.

Respecter les doses

Un produit ne sera pas deux fois plus efficace si on en utilise le double : soyez économe avec l’eau de Javel, les détergents… Soyez particulièrement attentif au dosage des produits concentrés.

Stocker avec précaution

Pour éviter tout accident, il vaut mieux ranger les produits dangereux hors de portée des enfants et loin des pro-duits alimentaires.

Des produits de remplacement moins nocifs… et pas chers

Le démontage d’un siphon est tout aussi efficace qu’un déboucheur chimique agressif pour l’environnement. Et en matière d’entretien, certaines « recettes de grand-mère » méritent qu’on les redécouvre : ainsi, le vinaigre blanc est un bon détartrant… et coûte 7 fois moins cher qu’un liquide anticalcaire courant.

Produits domestiques et écolabels officiels

Les détergents, lessives,… qui les portent sont conçus pour limiter leurs impacts sur l’environnement. Cela vaut la peine que le consommateur les réclame aux détaillants.

Pour l’aménagement de la maison : matériaux et produits sains, ça existe ?

L’abondance de tapis, de moquettes et de tentures favorise l’accumulation de poussières et la prolifération des acariens, certains matériaux et produits de bricolage, de décoration, d’ameublement dégagent des polluants. Limiter l’usage des uns et des autres, faire les bons choix au moment des achats évite de dégrader l’air de la maison.

Penser aux écolabels officiels
Ils existent pour les peintures et les vernis, les textiles, les matelas, le mobilier de bureau, les colles pour revêtement de sol, les profilés de décoration : leurs impacts sur l’environnement sont moindres que ceux d’autres produits.

Trouver des produits de substitution
Certains produits sont moins nocifs que d’autres, pour un même service rendu (panneaux d’aggloméré à faible teneur en formaldéhyde, isolant à base de chanvre au lieu de mousse urée-formol, …).

Pour l’entretien du jardin : moins de pesticides et d’engrais

Les engrais de synthèse et les produits phytosanitaires ne sont pas des substances anodines. Ils peuvent se révéler dangereux pour l’utilisateur, polluer les sols et les eaux. Si vous en utilisez, soyez prudent. Ils sont d’ailleurs rarement indispensables.

Respecter les doses
Les produits phytosanitaires doivent être utilisés avec parcimonie, en suivant scrupuleusement le mode d’emploi, et stockés soigneusement.

S’en passer le plus possible
Certaines variétés horticoles ou potagères sont moins sensibles aux maladies. Le paillage limite la pousse des mauvaises herbes, et leur arrachage à la main peut éviter l’emploi d’herbicides. Des associations de plantes repoussent les insectes indésirables, et certains insectes prédateurs (coccinelles) sont de bons alliés pour les jardiniers… bref, il existe des astuces et des techniques pour se passer des produits phytosanitaires.
Quant au compost « maison », c’est un excellent amendement qui peut limiter l’emploi des engrais.

L’humidité, une nuisance majeure

Elle dégrade le bâti, diminue l’efficacité de l’isolation, donne une impression d’inconfort, altère la qualité de l’air en favorisant l’apparition des moisissures qui libèrent des allergènes nuisibles à notre santé : bref, l’humidité dans la maison est une calamité.
Deux impératifs pour une maison et des habitants en bonne santé : l’empêcher d’entrer quand elle vient de l’extérieur, la faire sortir quand elle est produite à l’intérieur.

Un logement qui respire pour une atmosphère saine

Dans une maison bien ventilée, l’humidité en excès est évacuée en même temps que les polluants, biocontaminants et particules indésirables. C’est pourquoi une aération convenable (ouverture des fenêtres, bon état des grilles de ventilation) et / ou l’entretien et l’installation d’une VMC pourront résoudre les problèmes.

On peut cependant donner quelques conseils spécifiques :

Faire sécher le linge à l’extérieur…
…ou dans un local bien ventilé : c’est autant de vapeur d’eau en moins dans la maison.

Chauffer (mais pas trop !)
Si l’air est chaud, il peut contenir plus de vapeur d’eau et il y a moins de condensation. Si la maison est bien isolée et chauffée, les murs sont plus chauds et la vapeur d’eau s’y condense moins facilement : deux bonnes raisons pour chauffer assez, mais sans excès, bien sûr !

Améliorer l’isolation thermique
Une bonne isolation évite le refroidissement des murs et diminue donc la condensation intérieure.
Les zones plus froides que sont les ponts thermiques sont des points de condensation privilégiés. L’isolation extérieure des murs les supprime. Enfin, faire poser des doubles vitrages limite la condensation sur les vitres.

Une enveloppe en bon état pour une maison saine
Si les problèmes d’humidité de votre maison sont liés à des infiltrations d’eau de pluie ou à des remontées capillaires dans les murs, une ventilation, même performante, n’y changera pas grand-chose. Pour pallier ces problèmes qui affectent le confort de la maison et surtout sa pérennité, des mesures importantes sont nécessaires.

Contrôler régulièrement toit et murs
Il faut surveiller l’apparition de défauts d’étanchéité et intervenir rapidement pour régler le problème avant qu’il ne soit trop grave.

Drainer le sol près de la maison
Cela évite que l’eau ne stagne le long des murs et ne les imprègne à la longue.

Empêcher les remontées capillaires
En venir à bout nécessite des interventions lourdes (coupures étanches dans les murs, imperméabilisation, assèchement des murs).
Les solutions intérieures au logement (enduits étanches, pose de contre-cloisons) s’attaquent aux effets et non aux causes et ne sont pas efficaces.

Source : www.ademe.fr