Vous êtes ici : Nos conseils bio » Bien être » Techniques de Bien être » La Naturopathie

La Naturopathie

Par Ann-Charlotte Taudière

La naturopathie est un système médical complet et cohérent qui mise avant tout sur la stimulation des mécanismes naturels d’autoguérison du corps.

la naturopathie se rattache résolument à la tradition médicale de la Grèce antique.

Un système médical complet basé sur la stimulation des mécanismes naturels d’autoguérison du corps.Les interventions du naturopathe visent en premier lieu à activer, nourrir et renforcer ces mécanismes plutôt qu’à éliminer des symptômes ou à attaquer directement des agents pathogènes. Elles se veulent aussi douces et non effractives que possible. Parmi les outils privilégiés de la naturopathie, on retrouve, entre autres, la phytothérapie, l’alimentation, l’homéopathie, l’acupuncture, les manipulations physiques, les techniques de gestion du stress, etc.

Pour mieux comprendre ce qu’est aujourd’hui la naturopathie, il peut être utile de rappeler ses origines anciennes, qui remontent à 2 500 ans, et son évolution plus récente, depuis une centaine d’années.

L’histoire ancienne

Par sa nature et ses fondements, la naturopathie se rattache résolument à la tradition médicale de la Grèce antique. Les principes qui président de nos jours à la pratique naturopathique sont hérités en droite ligne du « serment d’Hippocrate » et doivent beaucoup au « cursus hippocratique » qui a constitué la base de la médecine occidentale, du Ve siècle avant Jésus-Christ jusqu’au début du XXe siècle. En voici les grandes lignes :

  • Vis medicatix naturae – La nature recèle son propre pouvoir de guérison. Le corps possède la capacité inhérente de préserver la santé et de la rétablir lorsqu’il l’a perdue. On trouve, au cœur de l’organisme vivant, les forces de vie naturelles permettant d’y parvenir. Le rôle du médecin consiste à faciliter l’accès à ces forces en identifiant et en éliminant les obstacles qui s’y opposent.
  • Primum non nocere – D’abord ne pas nuire. Les symptômes d’une maladie (la fièvre, par exemple) peuvent être des manifestations d’un processus de guérison. Par conséquent, leur suppression pure et simple peut causer plus de tort que de bien. Les interventions thérapeutiques doivent donc favoriser le processus naturel de guérison et non le contrer.
  • Tolle causam – Identifier et traiter la cause. Le médecin doit rechercher les causes de la maladie plutôt que de tenter d’en supprimer les symptômes. La maladie est vue comme l’aboutissement ultime d’un dérèglement particulier. Le rétablissement de l’équilibre naturel ne peut se faire qu’en travaillant sur les causes originelles de ce dérèglement.
  • Docere – Enseigner. Le médecin doit guider son patient sur la voie de la guérison et l’aider à préserver sa santé de façon naturelle.

Recherche et rédaction : Pierre Lefrançois et Léon René de Cotret

L’approche holistique

Le thérapeute tâchera de démontrer au patient que sa maladie est le fruit d’un ensemble complexe d’interactions entre les plans physique, mental, émotionnel et spirituel, et qu’il devrait intervenir à chacun de ces niveaux.

L’alimentation. Le naturopathe enseigne à son patient comment se nourrir de façon à obtenir tous les nutriments nécessaires à sa santé, afin d’éviter de devoir recourir à des médicaments de synthèse ou à des interventions chirurgicales.

La prévention. Le thérapeute enseignera à son patient à agir sur son environnement et son mode de vie afin d’optimiser ses forces et son bien-être, et de minimiser les possibilités de maladie.

L’évolution récente

À partir de la fin du XIXe siècle, au moment où toutes les sciences, la chimie et la biologie en particulier, connaissent un essor fabuleux, la médecine intègre une foule d’approches empiriques allant de l’homéopathie à l’hypnose, en passant par les pharmacopées de diverses cultures. Rationalisme et empirisme se côtoient alors à l’intérieur d’une profusion de techniques variées. Aux États-Unis, le mouvement de la médecine éclectique amalgame de nombreuses approches médicales venues de la vieille Europe, d’Asie et des peuples amérindiens, et dispose d’une panoplie de préparations d’herboristerie fort populaires auprès des médecins de l’époque.

C’est dans cette mouvance que l’Allemand Benedict Lust (1870-1945), qui fut médecin, ostéopathe et chiropraticien, fonde officiellement la naturopathie après avoir émigré aux États-Unis. En 1902, il inaugure à New York la première école de naturopathie : on y enseigne l’hydrothérapie, l’herboristerie, la nutrition, la physiothérapie, la physiologie, la psychologie et une foule d’autres techniques thérapeutiques.

C’est ainsi que, dans le premier quart du XXe siècle, s’ouvriront aux États-Unis quelques douzaines d’écoles de médecine naturopathique offrant des cours d’une durée variant de deux à quatre ans. Ces formations étaient souvent couplées à des cours avancés en homéopathie ou en chiropratique, des techniques médicales qui connaissaient également un essor important.

Parallèlement à ce foisonnement, se développait une médecine davantage axée sur les interventions chirurgicales dites « lourdes » et les médicaments de synthèse issus de l’industrie pharmaceutique naissante. Cette approche, perçue – à tort ou à raison – comme étant davantage « scientifique », finit par gagner la faveur des facultés de médecine des grandes universités et c’est cette direction que prit la médecine durant les quelques décennies qui suivirent. En conséquence, la majorité des écoles naturopathiques durent fermer leurs portes, et seuls les médecins formés dans les facultés de médecine furent autorisés à diagnostiquer et à traiter les maladies.

Cependant, à partir des années 1970, la naturopathie a connu un regain de popularité auprès du public et quelques universités américaines ont commencé à offrir une solide formation de quatre ans, produisant une nouvelle génération de naturopathes. En 1983, l’Organisation mondiale de la Santé recommandait aux autorités médicales de tous les pays d’intégrer la naturopathie aux services de santé publics. En 1994, le gouvernement des États-Unis accordait, pour la recherche scientifique contre le sida, un budget à la Bastyr University of Natural Health Sciences, l’une des grandes écoles de naturopathie en Amérique du Nord.

Naturopathie ou naturothérapie ?

Dans les pays où il n’y a pas de réglementation qui encadre la naturopathie – ce qui est le cas de plusieurs pays francophones – les termes naturopathie et naturothérapie sont utilisés indifféremment. En langue anglaise, par contre, naturopathy prévaut, et dans les pays où la discipline est officiellement reconnue, on devient docteur en naturopathie (N.D.), non pas en naturothérapie. D’autre part, l’origine du mot naturopathie est incertaine. Il se peut qu’il provienne du grec : naturo, la nature, et pathie, qui signifie ce qu’on ressent (comme dans sympathie ou antipathie). Mais, pathie veut aussi dire maladie (comme dans pathologie), ce qui manquerait de logique. En réalité, le mot vient probablement plutôt de l’anglais : path se traduisant par chemin, naturopathie signifierait le chemin (vers la santé) par la nature.

Applications thérapeutiques

Dans les pays où la pratique est reconnue, on semble vouloir considérer les nouveaux naturopathes comme de véritables médecins de première ligne capables de traiter aussi bien des situations de crise que des troubles chroniques. On pourrait les comparer à des médecins généralistes, pouvant requérir ou pratiquer des examens, poser des diagnostics, prescrire et administrer des traitements, et même pratiquer des chirurgies mineures comme l’ablation d’une verrue ou la suture d’une blessure. S’ils estiment que des soins sortant de leur champ d’expertise sont requis, ils référeront le patient à des spécialistes (homéopathes, ostéopathes, médecins, chirurgiens, etc.).

Dans les autres pays, les naturopathes sont considérés comme des conseillers en santé. Ils interviennent particulièrement pour contrer des problèmes mineurs qui ne requièrent pas les soins d’une « médecine de pointe », et pour faire face aux maladies chroniques et dégénératives. Ils privilégient les approches typiques de la naturopathie, comme la nutrithérapie et les modifications du mode de vie.

Preuves de son efficacité
Bien qu’on ne dispose pas d’essais cliniques dont les résultats permettraient de démontrer l’efficacité de la naturopathie en tant que système intégré, plusieurs des techniques et approches typiquement naturopathiques ont fait l’objet d’essais cliniques et les résultats obtenus ont démontré leur efficacité thérapeutique, notamment dans les domaines de la nutrithérapie et de la phytothérapie.

L’approche naturopathique des troubles arthritiques, qui met l’accent sur le régime alimentaire, en est un exemple frappant. L’herboristerie demeure toutefois la discipline qui, en naturopathie, a fait l’objet du plus grand nombre d’études scientifiques. Les résultats d’une récente synthèse des essais cliniques ayant porté sur des thérapeutiques de type naturopathique révèlent que, sur les 34 essais analysés, pas moins de 20 avaient trait à l’utilisation de plantes médicinales. Les plantes médicinales couramment utilisées par les naturopathes se distinguent notamment aux chapitres de la lutte contre le cholestérol et les agents infectieux.

De plus en plus, des naturopathes siègent sur les comités de travail institués par les autorités médicales et gouvernementales chargées de superviser la recherche médicale et le développement des politiques en santé publique.

En pratique

Une visite chez un naturopathe ressemble à une visite dans une clinique médicale classique. Toutefois, le naturopathe vous posera probablement plus de questions sur votre santé générale, votre mode de vie, vos habitudes alimentaires et même votre taux de stress au travail. De plus, il tentera de découvrir les causes profondes de votre malaise avant d’intervenir. Par exemple, un mal de tête récurrent ne sera pas traité a priori avec des analgésiques. Avant de proposer un traitement, le naturopathe se demandera d’où origine le mal de tête : d’un problème musculosquelettique, d’un problème nutritionnel (un faible taux de sucre par exemple), d’un manque de sommeil, d’un stress excessif ou d’autre chose. Et bien sûr, les traitements offerts seront conformes à l’approche naturopathique.

Là où la loi permet l’exercice de la naturopathie, les associations professionnelles peuvent fournir un registre de leurs membres. Ailleurs, il faut soi-même évaluer le degré de compétence du thérapeute en vérifiant s’il fait partie d’une association professionnelle et en demandant des références.

La première visite à un naturopathe dure généralement de une heure à une heure et demie, et les tarifs varient de 70 à 80 €. Les visites subséquentes, d’une durée de 30 à 40 minutes, coûtent de 40 à 50 €. Un nombre croissant de compagnies d’assurances couvrent les frais de consultation des naturopathes. Il faut vérifier auprès de son assureur.

Formation

En Amérique du Nord, il existe présentement cinq institutions d’enseignement accréditées par le Council on Naturopathic Medical Education, un organisme reconnu par les états, territoires et provinces où la naturopathie est réglementée. Quatre sont situées aux États-Unis (la Bastyr University, le College of Naturopathic Medicine- University of Bridgeport, le National College of Naturopathic Medicine et le Southwest College of Naturopathic Medicine and Health Sciences) et une au Canada (le Canadian College of Naturopathic Medicine).

Toutes ces institutions offrent une formation universitaire de quatre ans à temps plein, soit au moins 4 000 heures, menant au titre de docteur en naturopathie. À l’issue de leur formation, les étudiants doivent réussir l’examen du North American Board of Naturopathic Examiners avant d’obtenir une licence leur donnant le droit d’exercer.

Dans les endroits où il n’existe pas de réglementation encadrant l’exercice de la naturopathie, diverses écoles et organisations proposent des formations variées. Si certaines d’entre elles forment d’excellents conseillers en santé, leurs étudiants ne peuvent se qualifier pour l’obtention d’une licence de pratique de la naturopathie. Dans le monde francophone, on compte notamment les institutions suivantes : au Québec, l’École d’enseignement supérieur de naturopathie du Québec, l’Institut de formation naturopathique et l’Institut de Recherches Robert en Sciences Naturopathiques, en France, le Collège Européen de Naturopathie Traditionnelle Holistique, et en Suisse, HP-Formation.

Le statut actuel de la naturopathie

La formation des naturopathes varie quelque peu d’un pays à l’autre, mais comprend généralement des cours de science médicale (biologie, anatomie, physiologie, immunologie, etc.), de médecine clinique (diagnostics, laboratoire, principes naturopathiques, etc.) et de techniques spécialisées (nutrithérapie, homéopathie, phytothérapie, hydrothérapie, médecines chinoise et ayurvédique, etc.). En Allemagne, la formation en naturopathie est déjà intégrée à celle des médecins et des pharmaciens, et on y forme également des praticiens spécialisés en naturopathie, les heilpraktikers.

Dans quatre provinces canadiennes (Ontario, Colombie-Britannique, Manitoba et Saskatchewan) et 13 états américains, ainsi qu’en Australie, en Israël et dans quelques autres pays, on a commencé à autoriser les naturopathes à pratiquer une médecine de première ligne. Ils sont donc habilités à poser des diagnostics, à commander des analyses et des tests (radiographies, analyses de sang ou d’urine, etc.), à prescrire des traitements, à prodiguer des soins et à référer les patients à des médecins spécialistes.

Au Québec et dans la plupart des pays francophones d’Europe, la naturopathie n’est pas officiellement reconnue. Des associations de naturopathes travaillent toutefois en ce sens. Pour le moment, le titre de naturopathe peut y exister, mais il ne désigne pas nécessairement des thérapeutes possédant une formation complète. De plus, leur pratique professionnelle n’est généralement pas soumise à des règles strictes. Ces naturopathes, quelle que soit la valeur de leur formation et de leurs compétences, ne sont pas autorisés à poser de diagnostics ni à prescrire de traitements médicaux. Ils ne peuvent agir qu’en tant que conseillers en santé, en complément des soins fournis par des professionnels de la santé dûment licenciés.

Livres

– Magny Jean-Claude. La naturopathie apprivoisée, Éditions de Mortagne, Canada, 1996
Un des meilleurs ouvrages de présentation de l’histoire et des grands concepts de la naturopathie.

– Novey Donald W. (Dir). Clinician’s Complete Reference to Complementary & Alternative Medicine, Mosby, États-Unis, 2000.
La présentation commentée de 64 thérapies alternatives et complémentaires, du yoga à la chiropractie en passant par le jeûne et la phytothérapie. Éclairant.

– Pizzorno Joseph E. Jr, Murray Michael T. Textbook of Natural Medicine, Churchill Livingstone, États-Unis, 1999.
En deux volumes et près de 2 000 pages, on y présente, avec moult références, la philosophie, les procédures, les techniques et la pharmacopée de la médecine naturelle. La référence par excellence.



Praticiens liés :
Béatrice Fabry
Association Résonnance
La Porte des couleurs
Marie Nature
Anita Callaud

2 commentaires

  1. Jacinthe Lavoie Le 09-10-2014

    Bonjour,

    J’aimerais savoir si le livre La naturopathie apprivoisée de Jean-Claude Magny est encore disponible et comment me le procurer.
    Merci,
    Jacinthe Lavoie
    Valleyfield, Québec

  2. Bien et Bio Le 10-10-2014

    Bonjour Jacinthe,
    Nous ne vendons pas ce livre chez Bien et Bio mais en faisant une rapide recherche sur Internet, vous le trouverez sans aucun problème 🙂

Donnez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*