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La Musicothérapie

Par Ann-Charlotte Taudière

Musicothérapie active ou réceptive?

ou quand la musique aide à réduire le stress et à relaxer. En musicothérapie, les sons et les rythmes deviennent des instruments pour développer sa créativité, prendre contact avec son intériorité et soigner divers problèmes de santé (anxiété, douleur chronique, hypertension, difficultés d’apprentissage, etc.). Compte tenu de son effet sur le système nerveux central, la musique aide à réduire le stress et à relaxer. En tant qu’outil de croissance personnelle, elle permet de stimuler l’imagination, d’accroître son dynamisme et de développer ses capacités cognitives (attention, mémoire), psychomotrices (agilité, coordination, mobilité) et socio-affectives. Qui plus est, pour bénéficier de la musicothérapie, on n’a besoin d’aucune connaissance musicale!
 

Selon la personnalité, les affections et les objectifs des individus, le musicothérapeute peut se servir de deux approches.

La musicothérapie « active » favorise particulièrement l’expression de soi. Elle privilégie des techniques d’intervention comme le chant, l’improvisation instrumentale ou gestuelle, la composition de chansons et l’exécution de mouvements rythmiques au son de la musique.
En mode « réceptif », l’écoute de la musique peut stimuler l’énergie créative et aider à développer la concentration et la mémoire. La musique peut aussi faire surgir des émotions, parfois oubliées ou profondément enfouies. Le thérapeute pourra les utiliser pour poursuivre la démarche thérapeutique, et mettre à nouveau la musique à contribution.

La musique adoucit les mœurs

Bien qu’au début de son histoire, la musicothérapie ait été réservée au domaine de la psychothérapie, ses visées thérapeutiques se sont depuis beaucoup élargies. Parce qu’elle atteint les gens « au cœur d’eux-mêmes », la musique est particulièrement efficace pour aider à sortir de leur isolement les personnes ayant des difficultés à communiquer. Chez l’enfant autiste, par exemple, on a constaté que les stimuli sonores diminuent l’anxiété face à la réalité extérieure, qu’ils améliorent le comportement socio-affectif et procurent une meilleure confiance en soi. De même, chez les enfants ayant des troubles du langage, le chant contribue à améliorer l’articulation ainsi que le rythme et le contrôle de la respiration.

De plus, à cause de son effet physiologique, une musique relaxante peut diminuer la douleur et l’anxiété en abaissant le taux de cortisol (une hormone associée au stress) et en libérant des endorphines qui ont des propriétés à la fois calmantes, analgésiques et euphorisantes.

Recherche et rédaction : Monique Lalancette

La démarche

Do, ré, mi, fa, sol…
Une démarche en musicothérapie commence par une évaluation afin de déterminer si l’approche répond aux besoins et objectifs de l’individu et s’il est réceptif à la musique. Le thérapeute invite le participant à choisir un instrument, à improviser avec lui, à chanter, à taper du pied et des mains ou à émettre des sons insolites. Il ne s’agit pas de faire des prouesses musicales, mais plutôt d’exprimer librement ce que l’on ressent. Par la suite, le thérapeute fixe des buts à court terme, à partir de l’objectif général de traitement, et planifie des activités musicales, actives ou réceptives, adaptées aux besoins et aux capacités de l’individu.

Ainsi, le thérapeute pourrait proposer à un participant qui ne pianote que sur quelques touches d’un clavier, d’écouter une pièce musicale particulière puis d’explorer les différentes sonorités de l’instrument. La nouvelle attitude ainsi engendrée pourra, par exemple, se répercuter progressivement sur son comportement et son ouverture aux autres.

Vieux comme le monde
De tout temps, on a reconnu l’effet thérapeutique de la musique. Les Anciens et les cultures traditionnelles la considéraient comme une science sacrée. On croit même que la musique a déjà servi à réduire les tensions sexuelles au sein des sociétés primitives. En Amérique, la musicothérapie a fait son apparition au début du XXe siècle, durant la Première Guerre mondiale, pour soulager les soldats blessés. Au Québec, c’est grâce à Thérèse Pageau, une des pionnières canadiennes, que les vétérans et les patients souffrant de troubles psychiatriques ont pu être traités par la musicothérapie.

Applications thérapeutiques

Voici les principaux domaines dans lesquels la musicothérapie a démontré son efficacité.

Psychothérapie et la relation d’aide

  • santé mentale
  • soins palliatifs
  • soins gériatriques
  • soins intensifs

Amélioration des fonctions physiologiques

  • tension artérielle
  • rythme cardiaque
  • capacité respiratoire

Réduction de l’anxiété et de la douleur des patients

  • en soins palliatifs
  • souffrant de cancer
  • durant les phases pré et postopératoires

Traitement

  • de l’autisme
  • des troubles neurologiques (lésion cérébrale, maladie d’Alzheimer, sclérose en plaques)

Amélioration significative de la santé des enfants prématurés

En pratique

Les musicothérapeutes pratiquent notamment dans les écoles, les hôpitaux (psychiatrie, psychothérapie, pédiatrie, soins néonatals, etc.), les établissements de soins de longue durée, les résidences d’aînés, les centres de rééducation fonctionnelle, les centres communautaires, les centres de réadaptation pour personnes alcooliques et toxicomanes, les milieux correctionnels et en cabinet privé. En France, depuis 1970, les recherches et les expérimentations réalisées en milieu hospitalier ont permis d’intégrer la musicothérapie dans plus de 400 centres de soins.

Une séance dure généralement d’une heure à une heure et demie et coûte de 50 $ à 80 $ l’heure. Selon la spécificité du problème, le musicothérapeute peut recommander une thérapie individuelle ou de groupe. Par exemple, il peut proposer à une personne timide de s’intégrer à un groupe pour développer ses capacités de socialisation.

Comme le nom n’est pas protégé, n’importe qui peut s’afficher comme musicothérapeute. Pour assurer l’intégrité de la profession, des associations ont établi des normes de pratique et de formation. Au Canada, il existe plusieurs associations provinciales, dont l’Association québécoise de musicothérapie, mais ce n’est que l’Association de musicothérapie du Canada qui a le pouvoir d’accorder le certificat de « musicothérapeute accrédité » (MTA). La World Federation for Music Therapy, créée en 1985, regroupe les associations et les musicothérapeutes à l’échelle internationale et diffuse les plus récentes découvertes dans le domaine.

Pour vous assurer de la compétence d’un musicothérapeute, vérifiez qu’il est accrédité par une association professionnelle et demandez des références. Vous pouvez également consulter les associations pour suivre un atelier d’introduction. Il arrive qu’elles donnent des séminaires pour les non-initiés.

Applications thérapeutiques

Formation

On peut suivre une formation universitaire en musicothérapie au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat. Au Canada, une seule institution offre actuellement un programme de formation menant à la maîtrise. Au baccalauréat, la formation est donnée dans quatre universités. Pour y être admissible, il faut détenir un diplôme collégial en musique ou l’équivalent. Le programme comprend des cours en théorie et en pratique musicales, en biologie et sciences du comportement ainsi qu’en méthodologie de recherche. Pour obtenir son accréditation, le musicothérapeute doit, en plus de son baccalauréat, compléter 1 000 heures de stages supervisés et rédiger une étude de cas.

Livres

– Campbell Don. L’effet Mozart. Le Jour, 1998.
Une véritable aventure dans l’univers des sons. Très stimulant.

– Barraqué Philippe. La voix qui guérit. Éditions Amrita, 1999.
Cet ouvrage s’adresse à quiconque souhaite retrouver un mieux-être en explorant la voix et le chant. Les exercices d’harmonisation et de stimulation sont faciles à mettre en pratique et ne nécessitent aucune connaissance musicale.

– Kupperschmitt Josette. La musicothérapie en clinique adulte. Éditions L’harmattan, 2000.
L’analyse de cinq cas cliniques permet d’observer combien la musique favorise le processus de socialisation.

– Bence Léon, Mereaux Max. Guide pratique de musicothérapie. Édition Dangles, 1990.
Ce guide pratique présente les résultats de plusieurs années de recherche en musicothérapie avec d’abondants répertoires musicaux sélectionnés en fonction de chaque tempérament et de chaque cas.

– Ogay Suzanne, Ploton Louis, Menuhin Yehudi. Alzheimer : Communiquer grâce à la musicothérapie. Éditions L’Harmattan, 1996.
L’exposé de six cas cliniques met en évidence les bienfaits de l’approche sur la santé des sujets atteints de la maladie d’Alzheimer.

– Fertier André. Détendez-vous avec la musicothérapie. Édition Ellébore, 1998.
La musique et les sons s’avèrent particulièrement efficaces contre le stress. L’auteur présente plusieurs domaines et méthodes d’application en musicothérapie.

– Perret Daniel. Les effets subtils de la musique. Le Souffle d’Or, 1997.
Découvrir sa sensibilité en explorant diverses sonorités à l’aide d’exercices et d’une solide discographie.



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