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Kinésiologie

Par Ann-Charlotte Taudière

La kinésiologie appliquée est un système d’aide mis au point par le chiropraticien américain George Goodheart à la fin des années 1960.

La principale caractéristique de la kinésiologie est l’utilisation de tests musculaires manuels pour déceler les déséquilibres de l’organisme.

La kinésiologie ou comment utiliser des tests musculaires manuels pour déceler les déséquilibres de l’organisme.La principale caractéristique de la kinésiologie est l’utilisation de tests musculaires manuels pour déceler les déséquilibres de l’organisme. Bien que l’expression ne fasse pas l’objet d’une marque de commerce enregistrée, « kinésiologie appliquée » identifie une pratique spécifique, telle qu’élaborée par Goodheart et, pour le moment, coordonnée par l’organisme américain International College of Applied Kinesiology.

À NE PAS CONFONDRE AVEC…

Kinésiologie : « la science du mouvement qui s’intéresse, en particulier, à l’utilisation thérapeutique des mouvements du corps ». Le kinésiologue est un professionnel de formation universitaire qui, par le biais d’une intervention personnalisée et sécuritaire en activité physique, contribue au maintien ou à l’amélioration de la santé des individus.

Il existe aussi plusieurs approches plus ou moins inspirées de la kinésiologie appliquée et parfois regroupées sous le terme « kinésiologies spécialisées ».

  • La kinésiologie de la « Santé par le Toucher » (« Touch For Health ») : une technique de bien-être (développée par un ancien élève de Goodheart, John Thie) que l’on dit praticable aussi bien par le profane que par le professionnel.
  • La kinésiologie de la « Gymnastique Cérébrale » (« Brain Gym® ») : une application des travaux de Goodheart aux problèmes d’apprentissage (scolaire en particulier), mise au point par Paul Dennison.
  • La kinésiologie du « Cerveau Intégré » (« Three in One Concepts ») : un système orienté vers les émotions et développé par G. Stokes et D. Whiteside.
  • La kinésiologie périnatale qui permettrait de dialoguer avec le fœtus.
  • La kinésiologie de reprogrammation, une approche intuitive, qui vise à identifier ce qui a été « imprimé » dans le corps par le vécu (l’« histoire ») et, ce faisant, permettrait à l’intelligence innée du corps de défaire ces « impressions » négatives ou pathologiques.

Recherche et rédaction : Lucie Dumoulin et Léon René de Cotret

Le système de la Kinésiologie

C’est lorsqu’il traitait des personnes souffrant de distorsion posturale (comme une épaule plus haute que l’autre) que le Dr George Goodheart a beaucoup travaillé sur des muscles manquant de tonicité. Dans certains cas, le muscle « faible » (l’antagoniste du muscle crispé responsable de la distorsion) semblait en relation avec un problème d’un tout autre ordre, un organe malade, par exemple. Au fil de ses observations et en se basant sur certains principes physiologiques, il en est venu à établir que toute dysfonction organique, où qu’elle se trouve, se répercute sur un certain muscle qui devient en état de plus ou moins grande « inhibition », c’est-à-dire qu’il manque de puissance pour résister quand on lui oppose une force contraire. Lorsqu’il y a un problème aux glandes surrénales, par exemple, il y aurait systématiquement inhibition du grand couturier (long muscle de la cuisse).

Goodheart et d’autres chiropraticiens ont mis au point un véritable protocole d’examen général à partir de l’évaluation d’une multitude de réponses musculaires. Chaque examen doit toujours explorer ce que la kinésiologie appliquée considère comme les trois aspects fondamentaux de la santé, qu’elle illustre sous l’expression triade de la santé.

L’aspect structurel concerne le squelette, les muscles, les organes et viscères, le système vasculaire et le système nerveux; un examen en kinésiologie appliquée débute toujours par une vérification de l’équilibre postural.
L’aspect biochimique concerne le métabolisme, la nutrition et l’influx nerveux.
L’aspect psychique concerne les processus émotionnels et spirituels.
Selon la théorie, la kinésiologie appliquée pourrait aider à déceler des problèmes fonctionnels (qui ne découlent pas de lésions) ou subcliniques (qui ne se sont pas encore manifestés par la maladie) en recoupant plusieurs tests musculaires.

Quelques illustrations simplifiées
Allergie alimentaire. Si, pendant l’examen, un certain muscle inhibé semble indiquer une allergie alimentaire, le praticien peut procéder à une série de vérifications en plaçant diverses substances, l’une après l’autre, sur la langue du client; lorsque celui-ci se trouve en contact direct avec la substance allergène, le muscle en question devrait être encore plus « faible » et opposer une résistance moindre si on le sollicite.

Carence nutritionnelle. Le fait de l’exposer directement au bon nutriment devrait entraîner aussitôt la normalisation du muscle (qui devient capable de résister à l’effort). Si le problème est d’ordre structurel, des manipulations devraient améliorer la situation, ce qui peut être vérifié encore par un test musculaire.

Ainsi, le corps indiquerait très rapidement lorsqu’un traitement est efficace pour le mal examiné, avant même que la situation soit rétablie.

Des traitements inspirés de la chiropratique. En 1974, des chiropraticiens américains ont mis sur pied l’International College of Applied Kinesiology (ICAK), à la fois un organisme associatif et un institut pouvant coordonner la formation et la recherche, avec George Goodheart comme directeur. L’ICAK a graduellement développé un programme de formation qui enseigne non seulement la technique du diagnostic musculaire, mais aussi les traitements manuels de base utilisés en kinésiologie appliquée, pour la plupart tirés de la chiropratique ou de techniques connexes. Ces traitements manuels se classent en cinq types d’interventions qui visent les objectifs suivants :

  • assurer l’intégrité des fibres nerveuses
  • stimuler les glandes du système lymphatique
  • améliorer la circulation sanguine dans les muscles et organes
  • assurer une circulation optimale du liquide rachidien dans les structures crânienne et sacro-iliaque
  • équilibrer le ou les méridiens associés au muscle ou à l’organe en cause (selon le même système que la Médecine traditionnelle chinoise).

Mentionnons que la nutrition, l’activité physique et l’hygiène de vie en général font également partie des outils de base de cette approche thérapeutique.

Puisque la kinésiologie appliquée a fait son apparition dans le milieu des chiropraticiens, ce sont d’abord eux qui l’ont utilisée comme outil de diagnostic, mais elle a rapidement séduit d’autres intervenants : ostéopathes, naturopathes, médecins, dentistes, nutritionnistes, etc. Ceux-ci l’utilisent essentiellement comme outil de diagnostic, puis traitent le problème avec les moyens propres à leur champ de compétence, ou avec ceux de la kinésiologie appliquée s’ils les connaissent, ou alors ils réfèrent le client à un autre professionnel de la santé.

La crédibilité de la Kinésiologie

Certaines démonstrations de la kinésiologie appliquée – où l’on voit un « praticien » tester à répétition la résistance d’un bras tendu pour évaluer une carence nutritionnelle, par exemple – laissent songeur : est-ce vraiment si simple ? Selon l’ICAK, il semble que non. Ainsi peut-on lire sur leur site que, d’une part, ce test en particulier n’est pas sérieux : « Qu’il soit utilisé par des professionnels ou par des non-spécialistes, le test de descente du bras (arm pull-down test) n’est pas fiable au plan de la reproductibilité, et les résultats apparents qui en découlent ne peuvent pas être utilisés pour prendre des décisions sensées concernant la santé ou le dysfonctionnement corporel. »

De plus, la technique serait beaucoup moins facile qu’il n’y paraît : « Pour mener avec précision un test musculaire manuel, lit-on dans le même document, le professionnel de la santé doit posséder le même genre d’habileté que pour palper l’abdomen à la recherche de tumeurs ou pour entendre les murmures cardiaques, ainsi que les qualifications requises dans le cadre d’un examen physique approfondi. »

Malgré de telles déclarations de la part de l’ICAK, l’approche n’est pas prise au sérieux par la médecine officielle et, par conséquent, a été très peu évaluée scientifiquement. Une étude avance prudemment qu’il se peut que « certains tests » de la kinésiologie appliquée puissent identifier une dysfonction thyroïdienne aussi bien que les tests cliniques. Mais elle date de 1984 et ne semble pas avoir été reproduite depuis.

Il existe par contre quelques études qui jettent un certain doute sur l’approche. Mentionnons une expérience menée par un institut de réhabilitation avec 85 sujets et trois « kinésiologues d’expérience » (aucun détail supplémentaire n’est divulgué à leur sujet dans le résumé de la recherche) dans le but de vérifier la fiabilité et la reproductibilité des tests musculaires ; au cours de cette recherche, les trois kinésiologues arrivaient à des conclusions similaires en ce qui concerne certains des muscles testés, alors que leurs opinions divergeaient pour d’autres muscles.

L’idée que cette méthode puisse aider à identifier des allergies a évidemment suscité beaucoup d’intérêt, mais une étude récente conclut que ce n’est pas le cas. D’ailleurs, l’Association des allergologues et immunologues du Québec n’entérine pas la méthode et publie un article de mise en garde sur son site.

Deux chercheurs ont investigué la documentation sur laquelle s’appuie l’International College of Applied Kinesiology. Ils y ont trouvé 20 comptes rendus de recherche, dont aucun ne satisfaisait les sept critères fondamentaux de la méthodologie scientifique, ce qui leur fait dire qu’aucune conclusion valide ne peut être dégagée de ces recherches.

Même les sites des associations professionnelles de chiropraticiens, dans la plupart des cas, ne font pas mention de la kinésiologie appliquée. Bref, l’approche se situe dans une zone grise. Pourtant, les praticiens et les clients qui l’ont expérimentée disent « qu’il se passe quelque chose ! » Généralement, les détracteurs de la kinésiologie appliquée n’ont pas d’explication là-dessus. On évoque parfois qu’un effet placebo puisse être en jeu. Ou que les impressions reçues par le thérapeute pourraient lui être transmises par son subconscient. Rien de clair.

Peut-on se fier à la kinésiologie appliquée ?

Selon l’ICAK, il faut s’assurer qu’elle soit pratiquée :

  • par des professionnels de la santé habilités à poser un diagnostic
  • par des personnes dûment formées à la méthode
  • en complément à d’autres méthodes de diagnostic

Selon Philip Maffetone, chiropraticien, thérapeute d’athlètes et auteur de livres sur l’entraînement physique et la santé, la kinésiologie appliquée représente un imposant corpus de connaissances qui couvre en profondeur les déséquilibres structurels et biochimiques qui sont à l’origine de la plupart des maux. Mais, la kinésiologie appliquée n’est pas :

  • un simple outil de vérification opérant en oui/non
  • une méthode qui fonctionne en tenant une bouteille de pilules dans la main, ou des comprimés sur la peau
  • une approche télépathique.

Les applications thérapeutiques

Diagnostic

Les praticiens disent pouvoir identifier les causes des déséquilibres, qui peuvent être de tous ordres : traumatismes physiques, déficiences, microbes pathogènes, allergies, mauvais pH, chocs émotionnels, etc.

Traitement

Un recueil informatif américain rédigé à l’intention des médecins, le Clinician’s Complete Reference to Complementary & Alternative Medicine, nomme les problèmes de santé suivants comme pouvant bien répondre aux traitements de la kinésiologie appliquée : allergies, aménorrhée, maux de dos, syndrome de fatigue chronique, rhume et grippe, constipation, diarrhée, fièvre des foins, maux de tête, insomnie, syndrome du colon irritable, douleurs articulaires, obésité, ostéoporose, syndrome prémenstruel, sinusite, blessures sportives, maux d’estomac et stress.

En pratique

L’approche est majoritairement utilisée par des professionnels de la santé à l’intérieur de leurs fonctions.

Pour trouver des praticiens qui s’affichent sous la bannière de la kinésiologie appliquée, utilisez les liens disponibles sur la page I.C.A.K. Chapters de l’International College of Applied Kinesiology : www.icak.com

Les formations, les livres

Formation

L’International College of Applied Kinesiology (ICAK) possède des chapitres en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. Ce « collège » n’est pas une structure physique, mais une entité administrative qui coordonne la formation pouvant, elle, être donnée à divers endroits dans chacun des pays.

Le cours de base, qui enseigne la méthode de diagnostic, dure 100 heures. La formation complète, pour apprendre les techniques manuelles de traitement, requiert un 300 heures de plus.

Livres

La kinésiologie appliquée telle que conçue par Goodheart n’étant pas une technique que l’on peut pratiquer soi-même, il existe peu de livres grand public sur le sujet. Par contre, on en retrouve plusieurs qui traitent de certaines formes spécialisées de kinésiologie. Voici quelques titres.

– Bernascon Dominique. Kinésiologie pratique : tests, techniques, corrections, Éditions Frison-Roche, France, 2002.
– Guyard Jean-Claude. Manuel pratique de kinésiologie, Le Souffle d’Or, France, 2003.
– Holdway Ann. Kinésiologie – Le test musculaire et l’équilibration de l’énergie pour la santé et le bien-être, Guy Trédaniel, 2000.
– Potschka Freddy. Toute la kinésiologie, Le Souffle d’Or, France, 1990.



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