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L’Iridologie

Par Ann-Charlotte Taudière

L’iridologie ou « étude de l’iris » permet d’établir un bilan de santé.L’iridologie ou « étude de l’iris » (la partie colorée de l’œil) en a fait son credo, érigeant cette poésie existentielle en véritable paradigme quasi scientifique. Les iridologues croient que l’iris agit comme une zone de projection de tout le corps; chaque organe, et son état, y seraient représentés, ce qui permettrait, moyennant une lecture adéquate, d’établir un bilan de santé.
 
 

« Les yeux sont le miroir de l’âme », dit le proverbe.

Or, cette approche demeure aujourd’hui grandement contestée, notamment parce que la recherche scientifique n’a pas apporté de preuves soutenant la théorie.

L’iridologie appliquée, aussi appelée iridoscopie, se présente comme un outil de diagnostic et non comme une thérapie en tant que telle, bien que les résultats de ce dépistage puissent mener à d’éventuels traitements. Outre l’évaluation de l’état de santé, l’analyse détaillée de l’iris – en direct ou par agrandissement photographique – révélerait les prédispositions individuelles à certaines maladies, lesquelles sont à la fois associées au bagage génétique, ou à des facteurs environnementaux ou émotionnels. C’est surtout cette faculté de découvrir des faiblesses organiques (dans ce qu’on qualifie de « terrain ») avant même l’apparition des déséquilibres, qui distinguerait l’iridologie des autres méthodes de diagnostic.

Concrètement, les iridologues étudient la couleur, la texture, la pigmentation, le relief et un ensemble d’autres facteurs qui définissent la particularité de chaque iris. On peut regrouper ces observations en trois grandes catégories :

  • La tonicité des fibres qui composent la trame de l’iris donne une impression générale de l’état de santé. Ainsi, la fermeté ou, à l’inverse, le relâchement des fibres, iraient de pair avec la résistance individuelle.
  • Les signes particuliers comme les taches, les dépôts, les bosses, les creux ou les couleurs agissent comme des indicateurs des faiblesses potentielles et des maladies. Par exemple, un iris bicolore soulève une possible prédisposition au diabète. Une tache blanche indiquerait un processus de vieillissement prématuré, voire une tendance à l’artériosclérose.
  • La cartographie de l’iris considère que l’œil représente une véritable carte géographique du corps. Chaque organe correspond à une zone définie. La localisation d’un signe particulier dans une zone spécifique indique quel organe pourrait être affecté. Cette cartographie est au centre de la démarche d’analyse.

De plus, les iridologues ont dressé trois principaux « profils des faiblesses constitutionnelles », en se basant notamment sur la couleur des yeux :

  • Lymphatique (yeux bleus ou gris) : système immunitaire fragile, donc prédispositions aux allergies, à l’asthme, à l’eczéma, aux migraines, aux infections des voies respiratoires supérieures, à l’arthrite, etc.
  • Hématogène (yeux bruns) : sensibilité aux troubles circulatoires, hépatiques et bilieux, dont l’anémie, le diabète, les spasmes nerveux digestifs, etc.
  • Biliaire (yeux bleus et bruns) : allergies, problèmes de foie et des systèmes urinaire et digestif, anormalités des taux de glucose sanguin et de la métabolisation du calcium, etc.

Une technique récente

Les premières références à l’iridologie apparaissent dans Chiromatica Medica, ouvrage de Philippus Meyens, publié à Dresde, en Allemagne, en 1670.

On reconnaît cependant la paternité de l’iridologie moderne à Ignatz Von Peczely, un médecin hongrois qui a vécu au XIXe siècle. Von Peczely a consigné ses observations cliniques et méthodes de diagnostic par la lecture de l’iris dans un livre intitulé Découverte dans le domaine de la thérapeutique et du naturisme. Introduction à l’étude du diagnostique par les yeux. Il a établi les concepts de base de l’iridologie et élaboré une cartographie générale de l’iris, inspirée, par ailleurs, du modèle astrologique (12 zones iridiennes représentatives de différentes parties du corps).

La première cartographie vraiment détaillée de l’iris apparaît au cours des années 1950, sous l’impulsion d’un chiropraticien américain, Bernard Jensen, reconnu encore aujourd’hui comme un des maîtres à penser de la discipline. L’école Jensen intègre des notions de naturopathie, donnant ainsi une base plus concrète et pratique à l’iridologie. L’étude de l’iris s’accompagne alors de traitements d’ordre nutritionnel.

La popularité de l’iridologie s’accroît depuis les années 1990, notamment grâce aux progrès technologiques en matière d’informatique et de photographie. Praticiens et clients se sont multipliés en Europe et en Amérique du Nord. D’après un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé, l’iridologie, même si elle demeure marginale, est une thérapie alternative bien implantée dans plusieurs pays européens. En France et en Norvège par exemple, elle se classe au 8e rang des thérapies alternatives les plus utilisées, juste derrière des approches comme l’acupuncture, l’homéopathie, la phytothérapie, la chiropractie, l’ostéopathie, la kinésiologie et l’hydrothérapie.
Recherche et rédaction : Julie Calvé et Léon René de Cotret

Est-ce un outil fiable?

La science, du moins pour l’instant, répond par la négative. Bien que certaines études de petite envergure tendent à démontrer l’utilité de l’iridologie, dont l’une parue en 2002, la plupart des recherches publiées sur le sujet concluent à l’inefficacité de la technique en matière de diagnostic.

La plus complète, une synthèse d’études signée Edzard Ernst, un scientifique reconnu pour son expertise en médecine alternative, concluait que les « patients et les thérapeutes devraient éviter d’utiliser cette méthode ». Les recherches analysées dans le cadre de cette synthèse démontraient que, de façon générale, les iridologues se montraient incapables, à partir de la lecture d’agrandissements photographiques, de révéler la présence de différentes pathologies chez des groupes de patients. Les iridologues ont rétorqué que leur rôle consiste à soulever des tendances et non à identifier des maladies de façon précise, déplorant du même coup la piètre qualité des photographies utilisées lors des expériences.

Dans un article subséquent, Ernst renouvelait sa mise en garde avec encore plus de vigueur. Sous le titre « Iridologie : inutile et potentiellement dangereuse » (Iridology: not useful and potentially harmful), il dénonçait le fait que l’iridologie soit encore considérée comme un outil valable par les naturopathes, et qu’elle soit enseignée dans de nombreuses institutions. Qui plus est, insistait-il, plusieurs praticiens se servent de l’iridologie surtout pour vendre des suppléments diététiques et autres produits phytothérapeutiques.

En 2003, un nouvel article dévastateur est paru dans un journal scientifique danois. On y décrit, entre autres, les sources des erreurs d’interprétation, dont certains effets trompeurs créés par les instruments d’observation eux-mêmes. L’article fait également état de l’absence de consensus au sein même de la communauté des iridologues : cartographies et interprétations des signes varient… Les études contrôlées, rappelle cet article, révèlent que l’iridologie est inefficace pour diagnostiquer le cancer et une panoplie de maladies de l’estomac, des intestins, des poumons, du cœur, etc. On signale aussi des dangers potentiels si la lecture de l’iris conduit à un bilan de santé inexact. En effet, un bilan négatif erroné pourrait laisser dans l’ombre une maladie qui aurait nécessité une intervention, tandis qu’un faux bilan positif pourrait entraîner des traitements inappropriés.

Applications thérapeutiques

L’iridologie ne soigne pas ; elle étudie l’iris pour établir un bilan de santé et, selon ses adeptes, révéler les faiblesses organiques et les prédispositions aux maladies. En complément à d’autres méthodes et analyses médicales, elle faciliterait l’orientation d’un diagnostic. Par exemple, à la suite de l’identification d’une fragilité du système digestif, une visite chez le médecin ou le gastro-entérologue pourrait être recommandée afin de vérifier le bon fonctionnement des organes, voire de déceler une maladie.

De plus, l’iridologie favoriserait la prise en charge individuelle de sa santé; en connaissant mieux ses fragilités et ses sensibilités, chaque personne serait mieux armée pour modifier son mode de vie, notamment son alimentation.

En pratique

L’examen iridologique lui-même est simple et sans danger. L’iridologue scrute l’iris de chaque œil à l’aide d’appareils spécialisés, composés de systèmes optiques et de sources lumineuses. Il peut également prendre des photographies qui seront ensuite agrandies, parfois traitées informatiquement, et interprétées. Certains iridologues terminent leur examen en s’intéressant à la partie blanche de l’œil, une technique appelée sclérologie qui rendrait compte de l’évolution de l’état de santé.

Généralement, les résultats sont dévoilés au patient au cours d’une deuxième consultation. À partir du bilan de santé, l’iridologue peut référer le patient à un autre intervenant pour préciser le diagnostic, ou pour qu’il reçoive des soins spécialisés. Si l’iridologue est également un praticien de la santé (médecin, naturopathe, chiropraticien, homéopathe, etc.), il pourra suggérer lui-même certains traitements.

Parfois, l’iridologue porte aussi un autre chapeau, celui de… vendeur. Avant d’acheter des suppléments ou des vitamines, uniquement à partir d’un bilan iridologique, il serait plus prudent de s’enquérir de l’opinion d’un autre professionnel.

Formation professionnelle

S’il est une profession où persiste un flou notoire, c’est bien celle de l’iridologie, particulièrement en Amérique du Nord. D’après certaines estimations, on y compterait au-delà de 10 000 praticiens, mais moins de 2 % d’entre eux auraient suivi une véritable formation dans une institution reconnue. Les autres peuvent avoir suivi un simple cours à distance, sous la forme de cassettes, vidéos, cédéroms, ou un week-end d’ateliers. N’hésitez pas à demander quelle est la formation de votre praticien et à exiger des références. En Europe, l’iridologie est mieux structurée. Elle est enseignée dans le cadre de disciplines plus générales, comme la naturopathie, et un iridologue sur cinq appartiendrait à la communauté médicale classique.

Livres

– Jausas G. Traité pratique d’iridologie médicale, Dangles. France. 1977.
Un classique fréquemment cité. L’auteur a signé de nombreux livres sur le sujet, plusieurs sont plus récents.
– Jensen B. What is irodology ? Auto-édition, États-Unis, 1984.
Une édition illustrée, signée par le père de l’iridologie à l’américaine.

Pour consulter la liste complète des livres des deux auteurs ou trouver d’autres livres en iridologie, voir le site Trans-Iridial Studies : www.iris-ward.com



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