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L’Alimentation Biologique : Pourquoi ? Comment ?

Par Ann-Charlotte Taudière

Qu’est-ce que l’alimentation biologique ?

La gamme de produits d’alimentation biologique et saine sur Bien et Bio Légalement, un produit biologique est un produit issu d’un mode de culture ou d’élevage n’ayant pas recours aux produits chimiques de synthèse, ou un un produit transformé dont 95% au moins des ingrédients répondent à ces critères.

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Trois grands principes régissent l’agriculture biologique :

  • - le respect de la terre à travers la rotation des cultures, le choix des semences adaptées au climat et au terrain, l’interdiction d’utiliser des produits chimiques de synthèse ;
  • - le respect des animaux : le choix de races du terroir, une alimentation issue de l’agriculture biologique et l’interdiction d’utiliser certains médicaments
  • - le respect du consommateur à travers la vente d’aliments sains et contrôlés.

La teneur faible, voire nulle, en produits toxiques résultant de l’emploi de pesticides ou d’insecticides a été démontrée par de nombreuses analyses effectuées sur des produits issus de l’agriculture biologique. Leur richesse supérieure en nutriments a également été prouvée.
Idéalement, le produit biologique doit être consommé le plus frais possible afin qu’il conserve toutes ses qualités nutritives. Ne vous fiez pas à l’aspect des produits biologiques : les fruits de formes et de tailles diverses et les légumes terreux sont le signe d’une culture sans engrais chimique. Les emballages en papier kraft ou recyclé et les bouteilles en verre montrent la préoccupation des acteurs de ce marché d’utiliser des matériaux naturels et recyclables.

Enfin, sachez que le bio est plus qu’un simple mode d’agriculture et d’élevage : c’est un état d’esprit respectueux de l’homme et de la nature. C’est une prise de conscience des dangers et méfaits de notre société de consommation et une contribution pour la protection du patrimoine que nous léguerons à nos enfants.

Le bio : pourquoi ?

Une étude de l’INRA indique qu’un français « moyen » ingère près d’1,5 kg d’additifs, pesticides et autres composés indésirables par an !!
Lorsque l’on prend conscience que c’est notre alimentation qui permet à notre corps et à notre cerveau de fonctionner, a-t-on réellement envie de leur donner sciemment de la nourriture toxique ?
Une étude américaine récente (source PANNA email news service) sur des enfants entre 2 et 4 ans (le groupe d’âge le plus à risque du fait de la proportion de nourriture ingérée par rapport à leur masse corporelle) indique que les enfants nourris d’aliments biologiques ont des concentrations de résidus de pesticides six fois moins élevés que ceux qui mangent des produits de l’alimentation conventionnelle… de quoi faire réfléchir !
Outre le rôle des pesticides dans le développement des cancers, que la plus large majorité en vient à reconnaître, il a également été démontré que les pesticides altèrent la composition nutritionnelle des plantes, détruisant tout ou partie des vitamines qu’elles contiennent.
Ainsi, les aliments biologiques sont plus riches sur le plan nutritionnel. Ils ont également davantage de saveur. Avec eux, le repas redevient un moment privilégie de découverte et de bienfaits.

Le bio : comment ?

Qui dit retour à certaines pratiques traditionnelles ne dit pas pour autant retour à une agriculture simpliste. Au contraire, la base de l’agriculture biologique qui est la rotation des cultures et la réutilisation des matières organiques, demande de solides connaissances. La rotation des cultures implique de connaître plusieurs cultures, contrairement à l’agriculture conventionnelle dans laquelle l’agriculteur se concentre sur une seule plantation. De plus, le refus d’utiliser herbicides, insecticides et fongicides implique de savoir utiliser les armes offertes par la nature, et se plier à leurs fonctionnements.

Comment cela se passe-t-il concrètement ?

La nature, bien faite comme chacun le sait, a prévu un prédateur pour chaque parasite.  Par exemple, les coccinelles se régalent de punaises des céréales, tandis que le hérisson fera son festin des limaces du potager. Ces animaux sont donc introduits dans les cultures biologiques. Le recours à ces méthodes naturelles peut offrit un taux de succès de l’ordre de 100%. De même, les plantes interagissent entre elles : l’odeur des poireaux chasse les mouches des carottes, tandis que l’odeur des carottes fait fuir les papillons qui pourraient être à l’origine de vers parasitant les poireaux… un cercle vertueux et totalement naturel !
Les autres remèdes utilisés avec succès en agriculture biologique sont ceux qui sont extraits des végétaux : homéopathie et aromathérapie.

L’élevage biologique

Comme pour l’agriculture, les seuls médicaments utilisés sont l’homéopathie et la phytothérapie. Cela évite au consommateur d’ingérer régulièrement des doses d’antibiotiques ou d’hormones de croissance précédemment ingérées par l’animal dont il se nourrit.

Elevés au lait maternel, puis aux aliments naturels, les animaux évoluant dans des élevages biologiques bénéficient d’une plus grande superficie par tête pour se mouvoir. Abattus plus tardivement car on leur laisse le temps de grossir naturellement, une grande attention est portée pour leur éviter tout stress dans leurs derniers moments.

Faible durée de transport jusqu’à l’abattoir (2 h maximum), locaux insonorisés, salles de repos, permettent de limiter les toxines diffusées dans leurs corps par les animaux subissant, dans le conventionnel, un fort stress avant leur abattage.
Tous ces facteurs rendent la viande biologique plus tendre et plus gouteuse que la viande conventionnelle.

Pourquoi privilégier les produits locaux et de saison ?

Notre société du « tout tout de suite » nous a habitués à consommer des tomates du Maroc en Décembre ou des poires d’Argentine en Mars.
Mais cette exigence a un coût écologique important : utilisation des ressources naturelles non renouvelables, pollution, effet de serre… sont générés par ces transports superflus.

Lorsque l’on fait l’écobilan d’un yaourt à la fraise, la somme des kilomètres parcourus par les différents camions pour acheminer fraises, lait, pot, etc. à l’usine, puis à la centrale d’achat, au supermarché, puis chez vous peut atteindre… 2400 kms !!!!

Ne serait-il pas plus judicieux et responsable de goûter celui qui est fait à la ferme, du pie de la vache à son pot, dans votre département ?

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Vins et boissons

Les jus de fruits issus de culture biologique

sont plus riches en vitamines et minéraux que les jus traditionnels. En effet, les producteurs attendent la pleine maturité des fruits pour effectuer la cueillette, afin que les taux de vitamines, oligoéléments et sels minéraux soient à leur maximum. Une fois cueillis, les fruits (et légumes) sont pressés immédiatement pour conserver leurs saveurs.

Avec un taux d’alcool souvent plus faible que les bières classiques, les bières biologiques ne contiennent pas d’additifs. A base de blé ou d’épeautre, elles apportent vitamines et minéraux à l’organisme.

Le vin « bio »

est issu de raisins de l’agriculture biologique, traités comme les autres productions, par l’homéopathie et la phytothérapie. Les vignes sont désherbées manuellement et ne sont pas chauffées. Les vins biologiques sont sans additifs chimiques, et ne contiennent notamment pas de souffre, ce conservateur toxique contenu dans les vins conventionnels et souvent responsable de… maux de tête !

Les produits laitiers

Les laits biologiques font depuis longtemps des adeptes, y compris chez les consommateurs de produits conventionnels.
Les yaourts et fromages blancs, quant à eux, ont un goût authentique qu’on ne retrouve pas dans les produits conventionnels et qui surprennent la première fois. Pas d’additifs chimiques, pas d’arômes artificiels…
Les fromages bio sont nombreux et variés. Le lait est transformé directement après la traite, ce qui représente un avantage fraîcheur non négligeable comparé aux productions industrielles. Responsable de la totalité du processus de fabrication, le producteur peut veiller à maintenir une hygiène parfaite, et chaque fromage serait unique de par ses conditions de fabrication.

Les fruits et légumes

Pratiquement tous les arbres fruitiers occidentaux sont cultivés en France en agriculture biologique, tandis qu’émerge un marché de fruits exotiques importés.
Un verger est fragile, et son entretien en agriculture biologique demande une attention soutenue.
Les insectes nuisibles des pommiers sont traités avec de la bouillie bordelaise et du bacille de Thuringe, un insecte qui se gave des larves de papillons. Une taille stricte en hiver et le choix judicieux des arbres et de leurs associations sont des éléments indispensables à la réussite d’un verger biologique.
Parmi les fruits exotiques, la banane bio est la plus demandée. Cultivée en République Dominicaine, dans les DOM-TOM et en Afrique, elle est récoltée à maturité (et non pas verte) et n’est pas trempée dans un bain fongicide (ce qui la distingue également de la banane conventionnelle). Les ananas bio quant à eux sont souvent proposés plus verts que jaunes, ce qui n’est pas un signe d’immaturité mais de qualité.
En ce qui concerne les légumes, c’est le soin apporté au sol qui importe le plus, grâce à un labour minutieux et une fertilisation naturelle de la terre.
Rotation des cultures, maîtrise intelligente des « mauvaises herbes », désherbage mécanique et utilisation des remèdes naturels permettent de produire des légumes riches en micro-nutriments et dépourvus de résidus chimiques.
Bien entendu, leur absence de traitement amène une difficulté de conservation des fruits et légumes biologiques. Pour préserver toutes leurs vertus, veillez à les consommer très frais ou congelés, à ne pas les éplucher (grattez la peau avec une brosse) et à les déguster crus ou cuits à la vapeur.

Pain et céréales

Bien que les céréales représentent 40% du marché des produits bio, la France doit en importer, ne serait-ce que pour assurer l’alimentation des animaux. En effet, les céréales bio assurent un rendement faible, les agriculteurs devant impérativement respecter la rotation des cultures afin d’enrichir et de laisser se reposer la terre.
Pour cultiver des céréales biologiques, l’agriculteur pratique le désherbage mécanique ou par le feu, et enrichit la terre par des engrais naturels (compost, fumier ..) et des engrais verts (plantes à longues racines qui labourent la terre en profondeur et l’enrichissent).
Mais ces cultures sont également la source d’une grande créativité, remettant au goût du jour des céréales anciennes ou délaissées par l’agriculture conventionnelle. Quinoa (« riz des Incas »), Kamut (blé très riche en protéines), Millet se trouvent sur les tables des amateurs d’alimentation bio, pour leur apporter variété et complémentarité.
C’est également le cas pour les légumineuses, souvent oubliées sur les tables françaises, et qui sont pourtant à privilégier dans le cadre d’une alimentation saine et équilibrée.

Les céréales et le pain biologiques que vous trouverez sont complets. En effet, le raffinage est contraire à l’esprit du bio. En enlevant l’enveloppe des céréales, il est la source d’un manque de fibres et de nutriments qui induisent carences et problèmes de transit. De plus, il allie des traitements physiques et chimiques que les acteurs du bio évitent.
Enfin, si vous en avez le temps ou la possibilité d’acquérir une machine spécifique, nous ne pouvons que vous conseiller d’expérimenter le grand bonheur de faire son pain soi-même. En mélangeant au gré de vos envies les farines bio que vous trouverez, vous offrirez à votre famille un pain frais, spécifiquement réalisé à son attention, et porteur de sens…
 

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La viande

es Pays de la Loire sont très développés en terme d’agriculture biologique, aussi y trouve-t-on des élevages bio de poulets, canards, bœufs, et porcs, qui répondent à des cahiers des charges précis.
Pour tous les animaux d’élevage biologique, un seul traitement antibiotique et un seul traitement antiparasitaire par an par animal sont acceptés. Les autres remèdes se trouvent dans l’homéopathie et la phytothérapie. Toutes les vitamines, oligo-éléments et protéines nécessaires sont fournies par l’alimentation, aussi les animaux sont-ils assez résistants pour se défendre naturellement en cas d’attaque microbienne. Il est également très important de choisir une race adaptée au terrain et au climat de son lieu d’élevage.
Après une naissance naturelle, sans assistance médicale, le veau est exclusivement nourri au lait maternel. Il profite par la suite d’herbe, de foin et de grains récoltés par l’exploitation, et est abattu entre 4 et 6 mois sans avoir reçu d’hormone de croissance.
Le porc biologique est le plus souvent un porc gris, contrairement à l’élevage conventionnel qui privilégie le porc rose. Son poids est plus faible, mais son goût est plus riche car il est élevé en plein air (et non en milieu confiné comme en élevage conventionnel) et reçoit une alimentation de qualité (et non des aliments concentrés). Il est abattu plus tardivement pour lui laisser le temps d’atteindre naturellement sa maturité.
Les volailles biologiques jouissent de la liberté d’aller et venir entre les bâtiments d’élevage et les zones de promenade, et se nourrissent de graines, os de seiche ou coquilles d’huîtres, une alimentation variée et équilibrée dont le gavage est exclu. Un poulet bio est abattu à 91 jours minimum au lieu de 40 dans l’élevage conventionnel afin que sa chair arrive à maturité.
En ce qui concerne les œufs biologiques, production dans laquelle les Pays de Loire sont également très présents, les poules sont nourries avec au moins 70% de céréales, de protéagineux et d’oléagineux en graines entières. La ponte n’est pas stimulée par le chauffage ou la lumière, et les œufs sont moins nombreux mais de qualité.
En consommant ces produits, vous remarquerez immanquablement une chair plus ferme et un goût plus savoureux que dans les produits de l’élevage traditionnel, même si leur couleur est naturellement légèrement brunâtre.